Signez la lettre: Luzerne OGM 2017

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Un groupe d’organisations agricoles du Canada réitère leur demande conjointe à Lawrence MacAulay, ministre fédéral de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, de révoquer l’enregistrement de toutes les variétés de luzerne génétiquement modifiée, afin qu’elles soient retirées du marché jusqu’à ce que l’on ait procédé à une évaluation complète de leur impact économique, et d’établir un protocole d’analyse qui sera appliqué à toutes importations de semences de luzerne cultivées aux États-Unis.

Nous invitons toutes les organisations, les associations de producteurs, les entreprises et tous les groupes communautaires à endosser cette lettre.

Les particuliers peuvent passer à l’action en visitant www.rcab.ca/luzerne.

Vous trouverez ci-dessous le texte de la lettre, suivie du formulaire à signer.

Cliquez ici pour obtenir la version PDF de la lettre.

Voir la liste des appuis de la lettre en 2016.


Le 16 juin 2017

L’Honorable Lawrence MacAulay
Ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire
1341, chemin Baseline, tour 7, 9e étage, bureau 149
Ottawa (Ontario)  K1A 0C5

OBJET : Demande d’intervention urgente en vue de prévenir les préjudices économiques causés par la luzerne GM

Monsieur le Ministre,

Le 20 avril 2016, nos organisations exhortaient le gouvernement fédéral à annuler l’enregistrement de toutes les variétés de luzerne génétiquement modifiée (GM), jusqu’à la tenue d’une évaluation complète de l’impact économique de la culture de ce type de luzerne, et à établir un protocole d’analyse pour les importations de semences de cette plante cultivées aux États-Unis. Un an plus tard, rien n’a été fait et il demeure urgent d’agir. Il n’est pas trop tard pour prévenir la contamination croisée, particulièrement des terres certifiées biologique, chez les agriculteurs canadiens et assurer le développement de plusieurs filières importantes de notre économie agricole.

Par l’entremise de ses distributeurs locaux, la société Forage Genetics International (FGI) a mis en marché une variété de luzerne GM tolérante au glyphosate et à teneur réduite en lignine. En 2016, la société a vendu une quantité limitée de ces semences dans les provinces de l’Est (Ontario, Québec, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve). Son objectif de distribution à plus grande échelle en 2017 sème cependant des incertitudes et des préoccupations croissantes chez les agriculteurs.

La luzerne présente un grand intérêt économique puisque les agriculteurs s’en servent pour fabriquer un éventail de produits selon différents procédés. Qu’elle soit destinée au marché intérieur ou à l’exportation, la luzerne est récoltée aussi bien à titre de fourrage que de semence. Elle entre dans la composition d’une panoplie d’aliments consommés au Canada et tient une place centrale dans les pratiques agricoles durables.

La culture commerciale de luzerne GM contaminera inévitablement les réserves de semences et les peuplements de luzerne sauvage poussant spontanément en dehors des champs cultivés. Si rien n’est fait, cette culture aura des effets dévastateurs pour les producteurs de semences de plantes fourragères, ainsi que sur l’ensemble de l’industrie canadienne de la luzerne, tant conventionnelle que biologique, touchant les agriculteurs, les différents secteurs de production et un nombre important d’entreprises alimentaires. La production est déjà menacée par les importations de semences de luzerne en provenance des États-Unis. Le risque associé aux importations requiert donc une attention particulière et une intervention immédiate de votre part. Leur mise en vente à plus grande échelle, ce printemps, dans l’est du Canada vient aggraver ce risque.

La luzerne est la première vivace cultivée à faire l’objet de modification génétique et à être approuvée pour la vente au Canada. Ce fait, conjugué à d’autres réalités biologiques telles la pollinisation par les insectes, la taille des semences et la présence de peuplements de luzerne sauvage ou non cultivée, signifie que la contamination croisée de la luzerne non GM est inévitable.

Les agriculteurs de l’est comme de l’ouest du Canada sont exposés au risque de contamination par pollinisation croisée. Bien que la société FGI ait déclaré ne cibler que le marché de l’Est, la vente de luzerne GM dans cette région entraîne un risque important de perte de marché, dans l’éventualité d’une contamination, pour les producteurs de semences fourragères dans l’Ouest qui destinent leurs produits à l’exportation.

 Demande 1 : Révoquer l’enregistrement des variétés de luzerne GM
À nouveau, nous demandons au gouvernement de révoquer l’enregistrement de toutes les variétés de luzerne GM cette année afin qu’elles soient retirées du marché. Cette mesure est le meilleur moyen de prévenir la contamination croisée.

Demande 2 : Créer un registre public des plantations de luzerne GM
Dans l’attente d’une révocation de l’enregistrement de la luzerne GM, il convient de tenir un registre public et transparent qui recense les ventes de luzerne GM ainsi que l’emplacement des plantations afin que les agriculteurs sachent s’ils doivent prendre des mesures pour protéger leurs cultures, leurs champs et leurs produits d’une éventuelle contamination croisée.

Le risque de contamination croisée par la luzerne GM est largement reconnu. Pour plus de détails sur cette question, nous vous invitons à consulter le rapport du Réseau canadien d’action sur les biotechnologies intitulé The Inevitability of Contamination from GM Alfalfa Release in Ontario (ci-joint).

Devant la forte opposition des agriculteurs canadiens à la luzerne GM, l’Association canadienne du commerce des semences (ACCS) a tenté d’apaiser les inquiétudes en formulant des plans de coexistence, le premier en 2013 pour l’Est du Canada, et le second en 2016, pour l’Ouest. À l’heure actuelle, la commercialisation de la luzerne GM va directement à l’encontre des directives de l’ACCS. Depuis la parution du plan visant l’est du pays, la société FGI a ajouté à ses variétés GM tolérantes au glyphosate un nouveau caractère GM qui réduit leur teneur en lignine. Ce caractère permet de récolter la luzerne à un stade de floraison beaucoup plus avancé (50 %) que le maximum de 10 % recommandé par le plan de coexistence aux fins d’atténuer le risque de contamination croisée par la pollinisation. Les fournisseurs de semences de luzerne GM indiquent maintenant aux agriculteurs que le nombre de fauches optimal est de trois au lieu de quatre coupes préconisées par l’ACCS. La saison n’avait pas débuté que déjà les directives de coexistence étaient bafouées par les fournisseurs de semences alors qu’ils ont le devoir de communiquer les pratiques de gestion exemplaires à leurs clients. Cette situation montre bien à quel point ces directives sont vides de sens et inadéquates.

L’ACCS rejette, elle-même, explicitement toute responsabilité à l’égard des pertes ou des préjudices pouvant découler de la mise en œuvre de ces plans de coexistence. C’est aux agriculteurs, en particulier ceux qui souhaitent éviter la contamination croisée, qu’il revient de suivre, à leurs frais, des pratiques de gestion par ailleurs peu réalistes et inefficaces. Les plans ne prévoient aucun mécanisme d’attribution de la responsabilité et ne désignent aucune autorité responsable de l’application de leurs recommandations.

Demande 3 : Analyser les importations de semences de luzerne cultivées aux États-Unis
Nous réitérons également notre demande visant l’adoption par le Canada d’un protocole d’analyse pour toutes les importations de semences de luzerne cultivées aux États-Unis. Une étude du Département de l’agriculture des États-Unis réalisée en 2011 et publiée en 2015 a constaté la présence de luzerne sauvage contaminée par la luzerne GM dans 27 % des secteurs examinés dans trois États. L’étude confirme que la luzerne GM s’est propagée dans l’environnement. Les premières plantations de luzerne GM aux États-Unis ont eu lieu entre 2005 et 2007 et elles s’intensifient depuis 2011.

Selon un article de l’Alberta Farm Express en date du 29 février 2016, un agriculteur du sud de l’Alberta a découvert de la luzerne résistante au glyphosate sur ses terres; quatre ans auparavant, il y avait semé des semences importées.

En conclusion, nous vous demandons de prendre des mesures immédiates pour préserver l’avenir de l’industrie des semences de plantes fourragères, de la production alimentaire biologique, de l’agriculture durable et des exportations de luzerne du Canada en annulant l’enregistrement de toutes les variétés de luzerne GM, en publiant les ventes et l’emplacement des plantations de luzerne GM réalisées à ce jour ainsi qu’en faisant analyser toutes les semences de luzerne importées des États-Unis.

Nous vous remercions d’ores et déjà de l’attention diligente que vous porterez à ce dossier de la plus haute importance.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, nos salutations distinguées.

La lettre a été signée par les organisations suivantes :

Atlantic Canadian Organic Regional Network
Canada Organic Trade Association
Certified Organic Associations of British Columbia
Ecological Farmers Association of Ontario
Growers of Organic Food Yukon
Manitoba Organic Alliance
National Farmers Union
Organic Alberta
Organic Council of Ontario
Organic Federation of Canada
Peace Region Forage Seed Association
Les Producteurs de lait du Québec
SaskOrganics
L’Union des producteurs agricoles

S’il vous plaît, envoyer votre réponse à :

Jan Slomp, président de l’Union nationale des fermiers
306 652-9465
nfu@nfu.ca

p.j.

cc. Jean-Claude Poissant, secrétaire parlementaire du ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire
Ruth Ellen Brosseau, porte-parole du NPD en matière d’agriculture
Chris Warkentin, porte-parole du Parti conservateur en matière d’agriculture Simon Marcil, porte-parole du Bloc québécois en matière d’agriculture
Elizabeth May, chef du Parti vert du Canada

Lire la lettre envoyée au ministre de l’agriculture en avril 2016 par les organisations de producteurs agricole, demandant de stopper la dissémination de semences de luzerne génétiquement modifiée

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